WASHINGTON - Les Etats-Unis demandent au gouvernement du Sri Lanka d'ouvrir à des inspecteurs étrangers les camps dans lesquels des Tamouls auraient été bombardés dans les dernières semaines du conflit contre les Tigres de libération de l'Eelam tamoul, début 2009.
Evoquant un nouveau rapport du département d'Etat sur les scènes effrayantes de la fin de la guerre civile, Ian Kelly, son porte-parole, a souligné qu'il illustre "de vrais soucis, de toute évidence" concernant les élections qui se sont tenues au Sri Lanka juste à la fin des hostilités. Les Etats-Unis ont demandé publiquement et lors d'entretiens privés aux Sri-Lankais d'enquêter, en respectant les règles internationales.
Les Etats-Unis veulent de réponses, a insisté Ian Kelly, "sur la manière dont les opérations militaires ont été conduites". Washington demande aussi à Colombo de permettre un meilleur accès des camps aux organisations internationales.
Le gouvernement de Colombo a rejeté les accusations en bloc, affirmant qu'au moment des bombardements contestés, ses troupes étaient en mission humanitaire dans la zone des combats.
L'organisation Human Rights Watch a dénoncé mardi l'attitude du gouvernement sri-lankais qui ne respecte pas sa promesse de libérer 270.000 personnes déplacées par la guerre civile retenues dans ces camps. L'ONG parle de crimes de guerre, allant du recrutement d'enfant soldats par les Tigres aux meurtres de combattants détenus par les forces gouvernementales. Le rapport évoque aussi des disparitions attribuées à des paramilitaires soutenus par le pouvoir sri-lankais, et une grave pénurie de médicaments, de vivres et d'eau dans les camps. |