Ces derniers mois, l’intensification des hostilités au Sri Lanka et la conclusion militaire du conflit est à l’origine du déplacement d’environ 300 000 personnes à l’intérieur du pays. Ces déplacés ont pour la plupart été regroupés dans le camp de Manik Farm (près de 225 000 déplacés internes au 25 mai) proche de la ville de Vavuniya dans le nord du Sri Lanka.
Prétextant la présence illégitime des membres du mouvement des Tigres de Libération parmi les déplacés, les autorités sri lankaises ont établi des camps qui ne répondent pas aux standards humanitaires internationaux. La plupart des camps, dont celui de Manik Farm, sont sous administration militaire et les déplacés internes ne sont pas autorisés à les quitter sans autorisation. Cette situation constitue une nouvelle épreuve pour les personnes déplacées puisqu’elle empêche les mécanismes de réponse habituels d’être mis en place et entérine le fait que les déplacés dépendent quasi entièrement de l’aide humanitaire.
Conjointement avec la communauté humanitaire internationale, la communauté tamoule fait pression afin que ces restrictions soient assouplies. En laissant par exemple des familles d’accueil héberger une partie de la population déplacée ou en autorisant les déplacés à quitter les camps pour rechercher des opportunités d’emploi temporaire, les déplacés internes seraient en mesure de répondre à une partie de leurs besoins, réduisant ainsi la pression liée à l’aide exercée sur les autorités et les agences humanitaires.
Tout comme la communauté humanitaire internationale, les Tamouls reconnaissent l’importance d’assurer le respect des principes humanitaires internationaux dans le cadre de cette crise : garantir la sûreté et la sécurité de la population dans les camps, réunir les familles, porter attention aux personnes ayant des besoins spécifiques (enfants, personnes âgées ou handicapées, etc.), et permettre aux agences d’aide d’accéder aux déplacés internes et de mettre en œuvre un processus d’identification et d’enregistrement. |